De l’Art de l’Improvisation

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Tadaaaa

J’ai reçu un exemplaire du dernier Philéas et Autobule, une revue belge de philosophie pour enfants fort sympathique dont j’ai déjà parlé dans un billet précèdent.

Et dedans il y a mon premier texte, une réécriture du mythe mésopotamien d’Atrahasis :

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Depuis, j’ai écrit d’autres textes pour ce charmant magazine. Dans le prochain numéro, dont le thème est « Le hasard existe-t-il ?», je raconte (entre autres) le triste sort d’un roi terriblement indécis… (affaire à suivre)

C’est la première fois que je travaille en tant qu’auteur presse et je dois dire que l’exercice est plutôt sympa ! Bon, il y a des contraintes à respecter, les délais sont courts et le calibrage serré, mais ça a un côté extrêmement plaisant de voir arriver la revue avec son histoire imprimée et illustrée à peine un mois après avoir mis le point final (alors que dans l’édition, d’après mon expérience, c’est plutôt un an ou plus).

Dans la presse, tout va très vite, donc. Un sujet tombe, et une ou deux semaines après il faut rendre sa copie. C’est un exercice d’efficacité qui oblige à aller à l’essentiel, avec une bonne dose de stress et d’excitation. Il y a quelques jours, quand je travaillais sur un texte, un constat étrange est venu germer dans mon esprit : « Ça me rappelle beaucoup le théâtre d’impro ».

J’ai découvert les joies du théâtre d’impro pendant mes études et ça a été une expérience à la fois douloureuse et géniale. Douloureuse (au début) parce que j’ai passé des mois sur le bord de la scène à regarder les autres en me disant « Ils sont trop forts, moi je n’y arriverai jamais ». Géniale, parce qu’à un moment il a bien fallu que je me lance et qu’en plus de me faire passer de super moments avec des gens adorables, ca m’a énormément appris sur la créativité et le fait de travailler avec des contraintes.

L’impro, comment ça marche ? Y a des variantes… mas globalement c’est : un sujet (donné par la public ou un tiers), une contrainte (parler en rime en faisant des claquettes), 30 secondes de concertation et hop ! On crée de toute pièce une histoire en 3 minutes.

Bref, une fois le lien « écriture presse » – « théâtre d’impro » fait dans ma tête, j’ai mis en application les trois règles d’or apprises pendant mes cours d’impro, à savoir :

1 – Qui ? Quoi ? Où ? Chute !

30 secondes de concertation, ça fait un peu court. Il faut être rapide et aller à l’essentiel : trouver un personnage, ce qu’il veut, ou ça se passe et (cerise sur le gâteau) une chute !

Pour un texte de presse, ça donne quoi ? Et bien, à peu près pareil. L’idée c’est de ne pas attendre d’avoir absolument chaque détails, chaque dialogue chaque trait d’esprit pour se mettre à écrire. Avoir en tête ces éléments, ça suffit pour se mettre à travailler. Le reste se clarifie au fil de l’écriture.

2 – On ne dit jamais non

« Et si on allait dans la forêt, il parait qu’il y a une sorcière qui y habite ! » « Non, pas très envie là… » Et pouf, l’histoire retombe ! Le public ne saura jamais s’il y avait (ou non) une sorcière et si celle-ci aimait les bonbons au caramel. Bref, on accepte les idées (même  celles des autres) et on construit avec. On ne dit jamais non.

A l’écriture, pour un travail de commande, c’est un peu pareil. On accepte la commande, les contraintes, même si c’est pas le sujet le plus folichon ou celui sur lequel on aurait envie d’écrire là maintenant tout de suite. On met ses réserves de côté et on fonce ! Et au deuxième round, on se retient de s’égosiller face aux critiques (constructives) qu’on reçoit et on ne dit jamais pas trop souvent « non ».

3 – La première idée est toujours la bonne

Des bonnes idées, il y en a plein, et on est tenté de papillonner de l’une à l’autre sans jamais s’arrêter. On en prend une, on la repose, on en aperçoit une autre qui a l’air encore mieux un peu plus loin…On pourrait passer des heures à chercher LA meilleure idée, celle a laquelle personne n’avait jamais pensé, qui allie à la fois humour et profondeur et vous fait réfléchir sur la condition humaine. Sauf que… on ne ferait plus que ça, et je ne suis même pas sure que ça marche.

L’important en fait, c’est d’en choisir une, de s’y tenir et de travailler dessus. D’une, parce qu’on a pas le temps de faire autrement, et d’autre part parce qu’au final, je pense que ce qui rend une idée vraiment bien c’est surtout le fait de travailler dessus !

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