Pérégrinations éditoriales et autotraduction

J’ai reçu aujourd’hui mon tout premier exemplaire de « Leina and the Lord of the Toadstools » dans sa version anglaise, la version « d’origine » si on veut, même si c’est compliqué pour ce livre de choisir entre les deux langues.

Il vient rejoindre le premier exemplaire en français reçu quelques jours plus tôt.

Avec Nicolas, on a d’abord écrit des brouillons d’histoire en français. On a tourné longtemps avant de trouver la fin. Pendant des mois, la deuxième moitié du livre nous échappait. Puis a un moment, quand le squelette de l’histoire était là, on a sauté dans l’anglais. Pas comme un exercice de traduction – ça, ça vient beaucoup plus tard – mais comme une suite du travail d’écriture. Une réécriture étrange mais libre, où on retourne le texte pour le regarder avec des yeux différents, où on coupe sans regret ce qui ne marche pas, où on change des pans de l’histoire, où on s’enthousiasme sur les mots qu’on déniche (sérieusement, un mot qui désigne les champignons empoisonnés et qui veut littéralement dire « tabouret à crapaud » est ce que ce n’est pas fantastique ?) tout en gardant un petit doute au fond de soi, parce que malgré tout, ça reste une langue apprise, une langue étrangère. Alors, on demande aussi de l’aide ou des conseils, on fait relire.

Et puis il y a tout le travail éditorial. En Angleterre il faut être encore plus patient qu’en France. On a commencé le travail sur le texte en avril 2020. Pendant près d’un an, sur les conseils de notre éditrice anglaise, on l’a d’abord gonflé, puis on a coupé. On l’a resserré. Peaufiné. Raboté. On a travaillé les sonorités. Lu chaque passage à voix haute. On a changé le prénom d’un personnage, défendu le nom d’un autre. Discuté du titre (longuement). Les premières esquisses de Julia sont arrivées. Puis les pages couleurs, au compte-goutte. Chaque mail ouvert fébrilement, comme un cadeau de Noël. Je crois que c’est le moment du processus éditorial que je préfère, quand le livre éclot mais qu’il n’est pas encore jeté dans le monde.

Un an avant la sortie, à l’automne 2021, le livre est finalisé et présenté à des éditeurs étrangers lors des gros salons. On suit ça à distance. On guette les bonnes nouvelles, les annonces de co-éditions.

En parallèle, en janvier 2022, on commence à travailler sur la traduction française. Nos premiers brouillons en français ne sont pas utilisables, ou alors seulement pour mesurer le chemin parcouru. On prend le texte final en anglais, et à nouveau, on le retourne, on le regarde avec des yeux différents. Mais avec une contrainte supplémentaire cette fois. Maintenant que le livre est fini, que les illustrations sont là, il faut rester fidèle au texte. Les trouvailles d’autrefois deviennent des casse-têtes (il n’y a pas d’équivalent français pour Toadstool, et champignon a un côté beaucoup trop choupi et culinaire, qu’est-ce qu’on fait ?). On passe la première version de la traduction française au peigne fin avec nos éditrices chez Gallimard. Nouveaux échanges. On discute du titre (encore). de la mise en page aussi, parce que le français est plus volumineux que l’anglais. Là encore, on réécrit, on retravaille.

On reçoit les premiers tests d’impression.

Puis aujourd’hui le tout premier exemplaire.

Encore deux mois d’attente et il sera en librairie. Presque en même temps des deux côtés de la Manche, à quelques jours d’écart.

J’ai hâte, et j’ai peur, et j’ai des papillons dans le ventre.

Rendez-vous en octobre !

Gallimard jeunesse fête ses 50 ans …

Et pour l’occasion, ils nous ont proposé de nous prêter au jeu d’une petite interview.

Premier souvenir de lecture, le héros ou l’héroïne de notre enfance, le livre qu’on aurait aimé écrire, souvenirs d’écriture insolites, pire défaut, et projets mystères en cours …

Je suis très fière de faire partie de cette série d’interviews en tête à tête avec plein de super auteurs et autrices de littérature jeunesse comme Jean-Claude Mourlevat, Christelle Dabos, Vincent Cuvellier, et bien d’autres, … a découvrir sur la chaîne YouTube de Gallimard Jeunesse !

Dans les nominés du prix Le Goût des Sciences

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation vient d’annoncer les 6 ouvrages nominés parmi lesquels seront sélectionnés les deux lauréats pour la 13e édition du prix Le goût des sciences, et notre livre « 10 idées reçues sur le climat » en fait partie !

Créé en 2009, le prix Le goût des sciences est un prix littéraire scientifique décerné par un jury d’experts dans deux catégories : le prix du livre scientifique adulte et le prix du livre scientifique jeunesse (destiné à un public de 9-13 ans). Son objectif : créer des ponts entre la recherche et la société, réaffirmer la place de la science au sein de la culture, démocratiser et décloisonner les savoirs afin que chacun puisse mieux comprendre le monde mais aussi valoriser le travail des chercheurs et encourager les vocations. Chaque année, ce prix distingue les meilleures publications de médiation scientifique à destination du plus grand nombre.

Les membres du jury sont chercheurs, géologues, biologistes, journalistes, auteurs scientifiques, astrophotographe, spécialistes de la médiation… Ils évaluent les livres en fonction de la justesse des données, de la créativité dans la conception des supports, de l’originalité des sujets ou des approches pédagogiques. Dans la catégorie jeunesse, les trois ouvrages retenus par le jury sont également soumis à une classe de collégiens ainsi qu’à des médiathèques partenaires qui sélectionnent ensuite le lauréat.

Il reste donc encore une dernière étape, et il faudra attendre fin juin pour connaitre le lauréatj de chaque catégorie (adulte et jeunesse)… donc on croise les doigts. Et je suis déjà super fière de voir que notre livre fait partie de cette jolie sélection :

Sur le canapé de la librairie Mollat

La librairie Mollat, c’est non seulement mon passage obligé à chaque fois que je mets les pieds à Bordeaux (ce qui arrive assez souvent) mais c’est surtout LA référence, première librairie indépendante de France, une véritable institution dont les murs bleus sont reconnaissables entre tous !

Je suis donc incroyablement heureuse qu’ils consacrent à mes livres non pas une capsule vidéo mais DEUX ! (grosse fierté)

Dans la première Clément Lefèvre et moi bavardons de la création de La Magicienne :

Et dans la seconde, je suis en compagnie de Charlotte-Fleur Cristofari, ma co-autrice, et de Maurèen Poignonec pour parler de nos 10 idées reçues sur le climat :

Ah et bien sûr, ma petite robe printanière s’explique par le fait que ces vidéos ont été tournées en juillet dernier.. et qu’il faisait donc CHAUD (je sais, c’est dur de se souvenir de cette sensation en plein mois de décembre).

Voilà ! Un immense merci aux libraires de chez Mollat pour ce joli coup de projecteur, et bien sûr à notre éditrice chérie, Aude Sarrazin, et à toute l’équipe de chez Glénat qui franchement nous chouchoutent au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer !

Montreuil 2021

Un article express pour vous dire que je serai au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil cette année.

Ci dessous mon programme :

Conférence dessinée : Le climat : tous concernés !

mercredi 1er décembre – 14h00

2 degrés en plus ça ne change rien ! ; On s’en fiche 2100 c’est dans longtemps ; C’est triste pour les ours polaires, mais ça change pas nos vies : autant d’affirmations climatosceptiques à démonter pour avancer tous ensemble dans la lutte pour le climat.

Avec Maurèen Poignonec. La rencontre sera modérée par Claire Rassinoux, Festival du livre et de la presse d’écologie.

Durée : 45min.

Lieu : Scène d’en haut

Publics : Dès 9 ans

Dédicaces au stand Glénat (D5)

Le samedi 4 décembre de 17h à 19h

Le lundi 6 décembre de 10h à 12h30

Au plaisir de vous y croiser !