Alignement des planètes

Depuis que j’écris des livres j’ai l’impression de partager ma vie et mon cerveau en deux. De grappiller des moment pour écrire, le mercredi avec mon 80%, le soir le week-end, puis des jours de congés que je dois poser quand je boucle un projet ou pour pouvoir être là, à une dédicace, une présentation devant les libraires, … Mais ce sont toujours des moments volés, je dois pousser le reste pour faire de la place, négocier avec les deadlines de boulot, obliger mon esprit à lâcher un monde pour plonger dans l’autre.

Et c’est évidemment très frustrant parce que ça a une limite. Il y a tout ce que je n’arrive pas à faire, les projets qui restent dans des tiroirs, les envies que je ne peux pas explorer.

Ça fait presque un an maintenant que je me dis qu’il faudrait que j’essaye de faire une pause, de voir ce que ça fait d’écrire à plein temps. Oui mais… la stabilité financière, le prêt immobilier… alors je tourne le problème dans tous les sens, j’hésite, j’en parle, mais je n’ose pas sauter.

Et puis il y a un mois, je reçois un mail du Centre National du Livre qui m’annonce que j’ai reçu une bourse de création pour notre projet de Bande Dessinée avec Clément Lefèvre. Immense bonne nouvelle !!

C’était le petit coup de pouce que j’attendais je crois, puisque qu’a partir de là tout se met en route dans ma tête. Besoin de temps, besoin de mettre un peu en pause la frénésie du quotidien et de plonger plus profondément dans l’écriture, au moins pendant un temps.

Au moins pendant un an.

Alors lundi dernier j’ai soufflé très fort, j’ai relu 10 fois mon mail et ma lettre de demande, et j’ai appuyé sur « envoyer ».

Voilà c’est officiel : je prends une année sabbatique !

Marché de l’édition Français VS Anglo-saxon

La semaine dernière, j’ai été invitée par La ligue des auteurs professionnels pour témoigner, avec Amélie Videlo et Ether Nepenthes, dans la capsule « Ma vie, mes œuvres » sur les différences entre les marchés de l’édition Français et Anglo-saxon.

Je précise bien sûr que ce que je raconte est basé sur mon expérience personnelle, qui est assez limitée puisque je n’ai publié pour l’instant qu’un seul livre en Angleterre (le deuxième est en cours :)). D’autres auteurs peuvent avoir un point de vue différent ou complémentaire, il y a par exemple l’article qu’avait publié Clémentine Beauvais sur son blog.

Comme c’est un peu frustrant de parler d’un sujet aussi complexe en seulement 3 minutes, je voulais profiter de ce post pour revenir plus en détail sur la questions de l’agent. Et en particulier, une question qui revenait souvent dans le chat lors du live de l’émission : est ce qu’avoir un agent, ca amoindrit la relation avec l’éditeur.ice ?

Je comprends que ca puisse être une crainte, comme l’agent est un maillon de plus dans la chaine, on peut se demander s’il ne va pas enlever quelque chose au lien auteur-éditeur. Pourtant, d’après mon expérience personnelle, c’est vraiment tout le contraire !

En fait on ne garde que le meilleur : avec mon éditrice, on a pu se concentrer uniquement sur la partie créative, la construction du récit, des personnages, sans passer d’abord par la case (un peu relou) de la négociation de contrat. Ca veut dire aussi que la relation avec l’éditeur n’est pas ternie par les refus ou les petites défaites, les choses qu’on a essayé de négocier sans réussir, et la question de savoir si on a dit « oui » trop vite, si on n’aurait dû plus se battre ou pas. Il me semble que ca se traduit par plus de douceur, plus d’enthousiasme et de simplicité dans les relations de travail qu’on peut tisser avec son éditrice. Ca ne veut pas dire que les contrats en Angleterre sont tous absolument parfaits – mais ca devient la responsabilité de l’agent de mener cette bataille. Et j’ai l’impression de pouvoir garder plus d’énergie pour ce qui compte vraiment : travailler avec mon éditrice à faire le meilleur livre possible.

En tout cas je suis contente de voir que c’est un sujet qui intéresse de plus en plus d’auteurs et d’autrices, qui attise la curiosité. Bien sûr, le marché Anglo-saxon n’est pas du tout un Eldorado où tout serait parfait – loin de là – et je suis personnellement très attachée au fait de publier en France, pour les raisons que je cite dans la vidéo et pour beaucoup d’autres encore. Mais je trouve que ca a été vraiment une expérience enrichissante pour moi de voir un peu comment se font les choses Outre-manche.

Réinventer le conte ?

Pendant le salon (virtuel) de Montreuil cette année, nous avons eu la chance de participer à une rencontre animée par Sophie Van der Linden avec François Place, autour de son album « Rois et Reines de Babel » et de notre livre « Le Talisman du Loup ».

On a parlé de contes et de mythes, du travail de création, de nos choix d’écriture et de comment faire pour que texte et image se répondent harmonieusement.

Je suis vraiment contente de pouvoir montrer des premiers croquis de certaines planches du Loup et de parler des coulisses de la création de ce livre parce que ca a été un travail vraiment passionnant et qui a duré plus d’un an. Les temps de l’édition sont encore plus longs en Angleterre qu’en France, mais du coup, sur cet album, j’ai l’impression qu’on a pu revenir sur le texte encore et encore jusqu’à avoir le sentiment que chaque virgule était à sa place. C’est un immense travail sous-terrain dont on ne se rend pas forcement compte de l’extérieur, donc je suis heureuse de pouvoir le partager et raconter un peu la genèse de ce livre qui a tout de même une histoire assez particulière, en passant de la France à l’Angleterre puis vice-versa.

Et si vous voulez écouter Julia parler elle aussi de son travail sur notre livre, jetez un œil à cette vidéo en anglais réalisée par Polyandria, notre éditeur en Russie. Julia raconte son travail de recherche, les inspirations qui l’ont nourrie pour la création des personnages et des décors, et de plein d’autres choses vraiment passionnantes !

Foyles Children’s Book of the Year

I am SO incredibly delighted that The Wolf’s Secret has been chosen as Foyles’ Children Book of the Year 2020 ! 

This is such an amazing honor for us, especially as this is our first book written in english. Nicolas and I wrote this story back in 2014, and it has been a long and bumpy road before getting it published. But we were lucky enough to meet incredible people along the way – our agent Helen Boyle, the passionate Orchard team, and of course Julia, who created spellbinding illustrations for our story. 

Writing can be such a solitary thing and you often have no idea if what you are doing is any good. And especially with this book, we received so many rejection letters that it was hard to keep believing it will one day be published. So that’s why reading Gary Powell’s words, (who is Web Trading Manager at Foyles) was such an immense joy “The Wolf’s Secret is a gorgeous story, with gorgeous illustrations, and gorgeously published, that we just kept coming back to. The characters and story don’t shy away from wildness, from sadness or ambiguity, but at its heart there’s a story of companionship and support: there’s darkness in the world, but there’s also mystery and hope.” I’m so happy that this book has finally seen the light and I’m incredibly grateful for having recognition from an institution like Foyles

This book is a tribute to traditional folk tales – dark, ambivalent, somewhat mysterious  – but we also wanted to add a touch of modernity, in the rhythm, the musicality of the text and the message.

I hope readers of all ages will enjoy it.