Un nouveau projet se prépare…

La semaine dernière, j’ai reçu un bien joli contrat :

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Un nouveau projet se prépare avec les éditions Soleil-Delcourt, dans la belle collection Métamorphose… et ce seront mes tous premiers pas dans l’univers de la Bande Dessinée ! Je suis donc hyper enthousiaste – et hyper flippée – de découvrir ce nouveau monde et de me plonger dans l’écriture scénaristique.

La collection Métamorphose – pour ceux qui ne connaissent pas – est très atypique et difficile à faire entrer dans une seule case (et c’est ce qui fait tout son charme). Les récits sont pour la plupart fantastiques, assez sombres, et tournent autour de la transformation et du récit initiatique. Les thématiques peuvent être poétiques et philosophique, avec une place laissée à la rêverie et à la contemplation. On garde donc un peu un pied dans l’univers de la jeunesse, sans être tout à fait dedans non plus.

Côté illustrations, c’est Clément Lefèvre qui sera aux commandes – et ça c’est la joie totale ! D’une parce que j’adore le travail de Clément et de deux parce que c’est un projet qu’on a réellement mûri ensemble pendant plusieurs mois, et qui a grandi et s’est transformé à la fois avec les premiers croquis de Clément et à travers toutes nos discussions sur les personnages et le scénario. Je pense qu’une bonne partie de notre avance servira juste à amortir le coût des nombreux apéro-brainstorming qui ont façonné ce projet !

Et pour l’histoire…. difficile d’en dire beaucoup pour le moment. C’est un conte moderne, étrange et légèrement mélancolique, qui parle de deuil et de transmission. De transformation aussi, de résilience, et du rapport de l’homme à la nature.

Il y aura de la neige, de grandes étendues, une malédiction, des champignons, des animaux bizarroïdes, et une magicienne. Et au milieu de tout ça, Ena, une petite fille qui essaye de garder le monde éveillé.

Ena, c’est elle :

Ena

Elle va être dans ma tête pendant un petit bout de temps, je suis donc ravie de vous la présenter

Le livre doit sortir, si tout va bien, au printemps 2021 – donc dans une éternité et demi.

J’aurais le temps d’ici la de montrer d’autres petit bouts de planches ou de croquis !

Frankenstein frappe toujours 5 fois…

Ce weekend, j’ai reçu dans la boîte aux lettres le numéro de décembre de Philéas et Autobule, sur le thème de l’Amour :

Dans ce numéro, j’ai écris un texte sur le besoin d’amour dévorant du Monstre de Frankenstein (pas du tout raccord avec la mignonnerie de cette couverture douillette et ensoleillée).

C’est le défi que m’a lancé l’équipe de Philéas et Autobule cette année : écrire 5 textes autour du mythe de Frankenstein, sur 5 thèmes de philosophie, à savoir les erreurs, l’amour, la création, la responsabilité et la force.

J’essaye à chaque fois d’explorer un passage différent, qui me semble en lien avec le thème, et de montrer les nombreuses facettes des personnages de Mary Shelley : le ténébreux docteur Frankenstein et sa malheureuse et monstrueuse créature.

Pour ce texte sur l’amour, j’ai choisi le passage où le docteur décide de créer une deuxième créature, une fiancée pour le Monstre, sur la demande de celui-ci. Ce que je trouvais intéressant dans le livre de Mary Shelley, c’est que le Monstre demande au docteur que cette femme soit « aussi difforme et horrible » que lui, qu’elle soit « de la même espèce, ait les mêmes défauts », car ainsi, dit-il, « elle ne se refuserait pas à moi ». Et même si on comprend la solitude et la souffrance du Monstre, qui sont nées de son manque d’amour, il y a quelque chose de perturbant et de malsain – de monstrueux en somme – dans ce désir de contrôle à l’égard de sa future femme. L’envie de l’isoler comme lui à été isolé, de ne pas lui laisser d’autre choix que de l’aimer lui ou de rester seule toute sa vie.

Un texte pas franchement marrant donc, mais qui j’espère fera naître quelques questions dans l’esprit des lecteurs.

Et, sinon, pour vous, l’amour qu’est ce que ça fait ?

Des oasis de temps

Depuis que mes premiers livres ont été publiés, il y a maintenant trois ans, j’ai remarqué que deux questions revenaient souvent quand je parle d’écriture : les enfants me demandent où je trouve mes idées, et les adultes me demandent où je trouve le temps.

A la première je réponds : un peu partout, dans mes souvenirs, dans une conversation avec des amis, en faisant mes courses, et d’ailleurs souvent ce n’est pas une idée mais deux idées très différentes qui se rencontrent et pouf ! Ça crée quelque chose, une association qui me fait sourire ou m’enthousiasme : une sorcière et un guide, le souvenir de mes interrogations d’enfant sur la double culture et l’univers des contes de fées, le hoquet et une maison qui normalement ne peut pas avoir le hoquet….

À la seconde, je dis tout simplement qu’on a tous 24h dans une journée, que ce n’est donc pas une question de trouver le temps mais plus le prendre, de faire des choix, de rester un samedi après midi chez moi au lieu de voir des amis, de ne pas regarder un épisode de série pour écrire une page de plus, de prendre un jour de congés pour le passer face à mon ordinateur, etc…

Mais dernièrement, en lisant cet article de Mona Chollet sur le rapport des écrivains avec leur « deuxième » travail, et sur leur rapport au temps en général, je me suis mise à penser que ma réponse était peut-être un peu trop expéditive et que ces deux questions étaient en fait liées. Je trouve des idées parce que j’ai du temps. Du temps pas juste pour produire, écrire, créer… mais du temps pour expérimenter, commencer un projet et ne pas le finir, tester, me tromper. Du temps pour penser tout simplement.

Des oasis de temps.

Depuis le mois de juillet je suis passée à temps partiel à mon deuxième travail – qui est en fait le premier à la fois parce que j’y consacre presque toute ma semaine et parce que mes revenus en dépendent entièrement – pour dégager un jour plein entièrement consacré à l’écriture. Et j’ai remarqué que depuis ma tête fourmille d’idées, d’envies, de graines de projets. Avant ça, j’avais passé un an déjà à 80% (à travailler 4 jours dans la semaine avec un jour off) et ça avait été une année extrêmement productive pour moi.

Puis il y a tout juste un an, je suis repassée à plein temps, et le robinet à idées s’est brusquement fermé. J’arrivais encore à travailler sur des projets déjà bien amorcés, faire des réécritures, et bien sûr tout le suivi éditorial (répondre à des mails, discuter de tel ou tel aspect, échanger autour des illustrations), à répondre à certaines commandes aussi, un peu plus difficilement, mais pendant un an je n’ai pas réussi à lancer un nouveau projet complètement personnel. Aucune idée nouvelle n’est venue me visiter ou du moins rester dans les parages suffisamment longtemps pour que je la fasse grandir.

Et avec le retour à la fois de mon temps et de mes idées, je me suis rendue compte que j’avais peut-être traité un peu trop légèrement cette deuxième question..

Parce qu’il y en a fait – en tout cas pour moi – une puissante inertie mentale. Ce n’est pas parce que je passe la porte de mon bureau que j’arrête de penser à ce que je faisais (en travaillant en plus dans le changement climatique je trouve ça particulièrement difficile de ne pas y penser tout le temps). Et il y a tout le reste aussi, les mille et une pensées de la vie quotidienne, de la lessive à faire à l’apéro avec des amis, le sms qui arrive, le mail que je dois absolument envoyer demain première heure, ah et il ne faut pas que j’oublie de prendre du pain sur la route en rentrant…

Il ne s’agit pas juste de grignoter ici ou là des petits morceaux de temps pour écrire, mais de pouvoir se dégager l’esprit de tout le reste pendant un instant suffisamment long pour que peu à peu les idées naissent. Un espace vide, comme une respiration.

Ou pour citer l’article de Mona Chollet dans Périphéries :

« On ne peut pas décréter – même si on le fait quand même, bien sûr, faute de mieux – qu’on va « prendre du temps pour soi » entre 17h15 et 18h30, par exemple ; ou même entre vendredi et dimanche. Pour profiter pleinement de ce temps, il vaut mieux ne pas être aux abois ; il faut pouvoir lui donner un peu de jeu, être disposé à accepter d’en passer une partie parfois importante à se retourner, à récupérer de la fatigue accumulée, à faire face à des contrariétés imprévues, ou encore à laisser se dissiper des idées noires d’origine plus ou moins identifiée qui le rendent stérile. Le temps libre ne peut pas être vraiment libre s’il doit se réduire à un résidu, à un déchet du temps travaillé, s’il reste sous son empire, s’il perpétue sa logique. Pour que ses pouvoirs agissent, il faut s’en offrir par grosses tranches généreuses, et non avec cette parcimonie dérisoire. »

Alors depuis quelques mois, mes mercredis sont redevenus un jour sacré, où je peux mettre le reste entre parenthèses.

Des oasis de temps où les idées commencent à germer.

Une interview ensorcelante

Immense fierté aujourd’hui d’apparaître dans la revue « Citrouille Hebdo » des Librairies Sorcières !

Les librairies Sorcières, c’est un réseau d’une cinquantaine de librairies indépendantes  qui se sont associées pour convaincre qu’avec eux, « la lecture, c’est pas sorcier ! »… d’où leur nom !  Ce sont aussi (et surtout) des librairies engagées pour défendre une offre riche et diversifiée dans l’édition jeunesse.

Je suis donc vraiment heureuse qu’elles consacrent non pas une mais trois pages (!!!) à nos petites apprenties sorcières. Merci à elles !

L’interview, sera bientôt mise en ligne (je pense) mais en attendant, voici un aperçu de la version papier :

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Donner, ça change quoi ?

J’ai reçu mon exemplaire de Phileas et Autobule du mois de juin « Donner, ça change quoi ? ».

Pour ce dernier numéro de l’année, c’est le thème du don qu’on explore – avec pour ma part une réécriture (assez libre) du mythe de Prométhée !

Alors, à votre avis, il avait raison de voler le feu aux dieux pour le donner aux Hommes ?